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Charter Islande-Groenland / Interview (1)

Thierry Dubois : «Avec ma goélette, j’ai la vie dont je rêvais enfant»

Il a couru dix ans autour du monde en solitaire, soutenu Amnesty International, une grande gueule, construit la goélette de ses rêves, décidé de vivre et de travailler à bord. Thierry Dubois, interview. Cash.
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  • Publié le : 20/02/2012 - 00:02

La Louise au GroenlandIl a écumé les mers du Sud, le voici explorant le Grand Nord. Avec La Louise, goélette de 63 pieds qu’il a construite lui-même, Thierry Dubois va attaquer cette année sa première vraie saison de charter en Islande et au Groenland.Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co / La Louise)Thierry Dubois, le rêve d’une vieA bord de son bateau de travail et de vie, Thierry peut sourire : à 45 ans, il réalise son rêve d'homme et de marin.Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co / La Louise)Il arrive avec, en remorque, un énorme sac de voyage noir. Il dit : «J’ai de la chance, je viens de faire le commercial au Trophée Mer-Montagne. Je devais convaincre des montagnards de venir s’essayer au ski ou à l’escalade au Groenland grâce à mon bateau – et, franchement, ça n’a pas été trop dur !»

A 45 ans, il a toujours la même voix, le même ton, qui lui ont valu son surnom de «Boidu», verlan de banlieue qui rend hommage à sa gouaille de titi parisien.

Il a l'air apaisé, serein. Après la Mini-Transat, le Vendée Globe et Around Alone, Thierry Dubois a pu concrétiser son rêve de toujours : vivre et travailler sur le bateau qu’il a conçu avec Nigel Irens – et entièrement construit de ses mains. Six ans de chantier pour La Louise, goélette de 19 mètres.

Après une année de reconnaissance, l’an dernier, en Islande et au Groenland, il attaque en 2012 sa première vraie saison de charter là-haut. L’envie de partager au cœur et le sourire aux lèvres. Interview en deux parties : son rêve devenu réalité, puis la réalisation de sa goélette.


voilesetvoiliers.com : Thierry, dans quelques jours, tu vas quitter la Bretagne et convoyer ta goélette en Islande pour commencer ta saison de charter dans le Grand Nord. On est en février. Ça va être une navigation assez agitée, non ?
Thierry Dubois :
Ah oui, il y a des chances ! Mais je suis content d’y aller. Je sais que je vais me faire secouer, mais c’est ma vie de marin, c’est comme ça que je la voyais quand j’étais môme – je suis aujourd’hui exactement dans la vie dont j’ai rêvé.

v&v.com : La Mini-Transat gagnée en 1993, le Vendée Globe, Around Alone, les dix années de tours du monde solo, les mers du Sud, ce n’était pas ton rêve ?
T.D. :
C’était très beau, très fort, mais ce n’était pas mon rêve. Prends un marinier sur sa péniche – c’est sa maison et c’est son outil de travail. Eh bien moi, c’est ma conception du bateau et de la mer. Le problème, c’est que nous sommes au XXIe siècle et que j’aurais dû vivre 200 ans plus tôt, quand il y avait encore des caboteurs à voile ! Capitaine armateur d’un caboteur à voile, c’est exactement ce que je fais aujourd’hui. Sauf qu’au lieu de transporter des oignons du Léon vers l’Angleterre, j’embarque des gens ! J’ai rêvé avec les aventures d’Henri de Monfreid qui traficotait en mer Rouge, transportait des tas de marchandises avec son boutre, j’ai rêvé aussi avec les goélettes du Pacifique qui sillonnent les îles. Cette année, je vais rentrer dans le vif du sujet, ça va être ma première vraie saison complète. J’ai des impératifs financiers, des traites à payer, mais je sais que dans un mois, je serais au Groenland dans la neige avec mon bateau, La Louise – et c’est ça dont j’ai rêvé depuis toujours.

Dix années de courses soloPour son dernier tour du monde en solitaire (Around Alone 2002-2003), Thierry Dubois, sur Solidaires, termine deuxième derrière Bernard Stamm. Quelques mois plus tard, il commence à concevoir «le bateau de sa vie», La Louise, avec Nigel Irens. (Cliquez sur les illustrations pour les agrandir).Photo @ Billy Black (DPPI)Groenland : une île gigantesqueSi l’on veut bien excepter l’Australie – un continent en soi –, le Groenland est la plus grande île du monde. Cette Province autonome du Danemark mesure plus de 2 millions de km2.Photo @ Wikipedia v&v.com : Etre capitaine armateur à voile, c’est une chose, dans le Grand Nord, c’en est une autre. Tu pourrais exercer le même métier en Méditerranée, aux Antilles ou dans le Pacifique… Pourquoi ce coin-là ?
T.D. :
Parce que ma conception de la mer, c’est pas aller vers la facilité. Je n’ai jamais cherché à ce que ma vie soit aseptisée. Je ne pense pas être un barjot qui aime se faire mal, mais quand je courais le Vendée Globe, j’aimais bien quand on allait au charbon. J’ai jamais abordé une course en me disant : “Il faut que je trouve des conditions idéales”. J’apprécie quand la météo est agréable, mais la vie facile au soleil, ça ne me branche pas plus que ça. J’irais dans ces coins-là en vacances, voilà. Mais je ne voudrais pas y travailler. J’aime devoir composer avec la météo, le vent, la mer. Les alizés, c’est bien gentil, mais ça souffle toujours pareil.

v&v.com : Tu parles de coins difficiles… Cela dit, le Groenland au cœur de l’été, c’est gérable – et, pour les gens qui viennent à bord, il faut de toute façon que ça reste agréable. En fait, ce que tu cherches, ce sont les latitudes extrêmes, les coins hors des circuits touristiques ?
T.D. :
C’est ça, et il se trouve que j’ai des passagers qui sont également intéressés par l’idée de sortir des sentiers battus. Cela dit, tu as raison, je ne vais pas essayer de commercialiser le convoyage Bretagne/Islande du mois de février ! Il y a même des amis qui veulent venir avec moi et à qui je déconseille l’exercice…

La Louise sous voilesSignée Nigel Irens, La Louise est inspirée des goélettes de pêche nord-américaines. Coque en bois moulé-epoxy, mâts en carbone, elle marie les qualités d’une carène classique et les matériaux d’aujourd’hui.Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co / La Louise)v&v.com : Outre ton lieu de travail, assez spécifique, ce métier que tu exerces, c’est aussi un engagement permanent, non ?
T.D. :
Oui, j’aime aussi ce boulot parce qu’il te demande tout, tout le temps. Tu es sur un bateau, tu as la responsabilité du bateau et en plus, tu as les passagers à bord, donc tu es au boulot 24 heures/24. Même au mouillage. Parce qu’au fond du fjord, tu peux avoir de la glace qui rentre et te coince. C’est ce que j’ai apprécié aussi dans la course au large en solo : tu es 24 heures/24 dans ton histoire. J’aime cet engagement, cette intensité dans mon activité. Je ne suis pas un touche-à-tout, mais un monomaniaque du bateau, de celui que je construis, de celui que je fais naviguer.

v&v.com : La Louise, c’est le bateau de ta vie ?
T.D. :
Ah oui, carrément. D’abord, pour les dix ans qui viennent, il y a une réalité économique, des emprunts à rembourser – mais ce n’est pas du tout une corvée ! Ensuite, avec La Louise, oui, je m’engage pour longtemps. C’est mon bateau ultime. Mon rêve d’ado.

v&v.com : Adolescent, tu avais déjà une idée du voilier que tu voulais ? Le bateau que tu as aujourd’hui est quand même particulier…
T.D. :
Oui, j’ai toujours voulu une goélette. J’en dessinais déjà quand j’étais gamin.

v&v.com : C’était le gréement qui te plaisait ?
T.D. :
Pas seulement. J’ai toujours trouvé que c’était un beau gréement, bien sûr, mais ce mot de «goélette» est aussi associé à plein de choses, à de l’imaginaire, des histoires…

v&v.com : A des récits…
T.D. :
Des récits et des romans, oui. «Goélette», c’est drôle comme mot, parce que même ceux qui ne savent rien de la mer le connaissent. C’est associé au commerce maritime à la voile, à la pêche…

Bluenose, une goélette de légendeBluenose fut une goélette de pêche et de course légendaire. Conçue par William Roué et construite par le chantier Smith & Rhuland, elle fut lancée en mars 1921 en Nouvelle-Écosse (Canada). Bluenose a gagné 18 ans de suite la course réservée aux goélettes de pêche nord-américaines. En 1929, un timbre fut émis en son honneur.Photo @ Wikipedia v&v.com : C’est aussi un mot qui sonne bien.
T.D. :
Un très joli mot, oui – «goélette». Les gens ne savent pas forcément ce que c’est comme bateau, mais ça les fait rêver. «Sloop», ça ne les fait pas rêver. «Cotre», tu rentres dans la technique. Il y avait ce gréement, donc, et les coques qui allaient avec. Pour moi, les plus belles, les plus rapides, c’étaient les goélettes terre-neuvas nord-américaines – elles ont même généré des bateaux de course. Des bateaux comme Bluenose m’ont toujours fasciné, par exemple.

v&v.com : Et quand tu courais au large, ce projet était toujours là ? Celui d’une goélette de travail ?
T.D. :
Oui, je savais à peu près quand j’allais arrêter de courir au large, c’était programmé. J’avais mon projet, qui était de construire cette goélette et d’aller bosser en Arctique. J’ai commencé très tôt à poser mon cahier des charges…

v&v.com : Pour lequel la goélette semblait assez idéale ?
T.D. :
Eh oui ! Je veux un bateau de travail, emmener des gens dans le Grand Nord. Qu’est-ce qu’il me faut pour ça, dans cette zone où la météo et la mer peuvent être difficiles ? Il faut un bateau confortable à la mer, parce qu’on déplace les gens, parfois ils sont en train de dormir ou de manger à bord – donc carène classique, ça passe mieux dans la mer. Et si tu veux embarquer de la charge, tu n’es pas gêné : tu peux mettre plusieurs tonnes de fret, ça ne perturbe pas l’équilibre du bateau. Un bateau de 18 mètres à coque moderne, tu ne lui mets pas cinq tonnes de charge. Avec La Louise, passer de 40 à 45 tonnes, c’est pas un problème, le bateau est conçu pour.

v&v.com : Et puis, il y a le gréement divisé aussi …
T.D. :
Oui, car je ne veux pas imposer aux passagers d’aider sur le pont – ils ne le font que s’ils ont envie. Ça veut dire que l’on doit considérer que l’on n’est que deux, avec mon second, pour les manœuvres. A bord d’une goélette, il y a un peu plus de ficelles dans le cockpit, mais quand tu manœuvres une des voiles, l’autre peut rester à la barre. La misaine de 60 mètres carrés, par exemple, je l’envoie seul. Ce gréement a un autre avantage : je peux utiliser le pic de la misaine comme mât de charge ! Il tombe pile-poil au milieu du bateau – c’est impeccable pour hisser ou débarquer des choses lourdes, du fret ou l’annexe avec son moteur ! Le pont est dégagé à cet endroit-là, il n’y a pas de superstructure. Tu ne peux pas faire ça avec l’artimon d’un ketch : lui t’emmènerait les charges à l’arrière du bateau, ça n’aurait pas de sens…

La mise à l’eau de La LouiseSix années d’un travail de Titan pour construire – seul ou presque – une goélette de 19 mètres et 40 tonnes en bois moulé-expoxy. En avril 2010 vient le moment tant attendu – la mise à l’eau, dans le Morbihan. Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co)v&v.com : Sous voiles, un gréement de goélette permet aussi d’équilibrer la voilure de façon très libre – et au moteur aussi d’ailleurs…
T.D. :
Oui, en navigation sous voiles, tu peux équilibrer très finement. Et il est certain que dans ces coins-là, l’été en charter, tu navigues beaucoup au moteur, en effet. Selon la route et l’allure, on appuie à la trinquette ou avec un bout de grand-voile. Ça cale le bateau latéralement, on avance mieux et on fait des économies de gas-oil.

v&v.com : Pour ta GV, justement, tu as tout de même fait appel à une certaine modernité en adoptant une corne…
T.D. :
Oui, car avec l’architecte Nigel Irens, clairement, l’idée était bien de garder tout ce qui avait fait ses preuves par le passé – et aussi d’adopter ce qui fonctionne bien aujourd’hui ! Pas question de faire un meuble, un bibelot ou un bateau passéiste. C’est un voilier de travail, qui doit être fiable et efficace. C’est pour ça que j’ai voulu une grand-voile à corne, moderne.

v&v.com : Avec quelle idée en tête ?
T.D. :
Avec plusieurs idées, en fait. D’abord, côté performances, le profil de la voile à corne se tient bien quand tu choques. Comme je n’ai pas de hale-bas, quand tu choques, ça se tient encore très bien sans une traînée énorme dans le rond de chute. Ça nous amène aussi de la puissance derrière. Et puis, j’ai aussi prévu un ris de corne. Un ris de corne, ça sert à quoi ? Une fois pris, il transforme ta voile en tape-cul quand tu es au moteur ou au mouillage – parfait pour équilibrer le bateau dans le vent ! Tu n’affales pas complètement la GV et tu as ton tape-cul comme n’importe quel bateau de travail. Résultat : une voile très moderne et un usage très classique. Tu vois, la goélette, petit à petit, entrait parfaitement dans les clous de mon cahier des charges…

La Louise, un chalet, un refugeBoiseries classiques, vaigrage en lattes ajouré, cloisons laquée blanc cassé : les emménagements de La louise se veulent à la fois chaleureux comme un refuge, mais modernes et clairs.Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co / La Louise)v&v.com : Nous reviendrons plus tard sur la conception et la construction de La Louise mais, aujourd’hui, tu navigues au charter. Tu es donc à la fois un chef de bord et un hôte. Ce n’est pas forcément un métier facile. Comme vis-tu ça ?
T.D. :
Le plus professionnellement possible – et ça me plaît beaucoup. Ce qui tombe bien, c’est que j’ai envie de naviguer là-haut, d’explorer ces coins-là, et il se trouve que d’autres personnes partagent cette envie. Et, de fait, en proposant du charter en milieu polaire, tu sélectionnes déjà un peu la clientèle. Par ailleurs, ma conception des séjours à bord, c’est d’offrir des activités diverses : ski, escalade, kayak de mer, randonnée. Et puis, avantage du Groenland sur l’Antarctique, on est dans un pays où il y a une culture ancestrale passionnante – s’intéresser aux Inuits, à la culture inuit, c’est quelque chose. Il y a aussi l’observation des animaux – ours, orques, baleines, narvals, selon les coins. Et puis, même si j’ai navigué beaucoup en solitaire, moi, j’aime partager. A chaque fois que de passagers embarquent, il faut juste trouver la bonne distance.

v&v.com : Sentir ce que les gens veulent, s’adapter à eux ?
T.D. :
Oui, en étant bien clair sur ce qu’on peut leur offrir et sur ce qu’on ne peut pas leur offrir. Mais il faut que mon bord soit convivial. Je ne veux pas être dans l’école de croisière où vous devez prendre vos quarts, avec corvée de vaisselle. La Louise, c’est d’abord un refuge qui flotte. Je veux être un gîte, une table d’hôtes. Je prépare à manger, j’ai plaisir à faire la cuisine, à servir à table, à préparer des bonnes choses pour que des gens qui viennent de se faire une randonnée la journée, qui en ont plein les jambes, aient plaisir à s’asseoir autour de la table. Il y a ce côté convivial, on partage, on se raconte la journée. Mais ça reste un bateau, ça reste de la navigation. Il peut y avoir des imprévus : “Je vous ai dit qu’on allait mouiller là cette nuit, qu’on serait tranquille, eh bien non. Il y a de la houle qui rentre et il faut que je bouge la bateau.” De même, l’eau ou l’énergie à bord ne sont pas illimitées.

Groenland : des paysages grandiosesMouillages solitaires, mais grandioses, nature préservée : le Groenland mérite bien son nom de «Pays Vert» (Greenland) donné par les Vikings – au moins l’été !Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co)v&v.com : Il y a beaucoup de bateaux qui travaillent au Groenland aujourd’hui ?
T.D. :
Non, pas grand-monde. Il y a Algol, un voilier de 17 mètres en acier, ou Albarquel, un vieux gréement portugais… Il y a aussi Bernard Audrezet qui fait charter dans le Grand Nord, mais lui est au Spitsberg et en Norvège. Non, tu vois, au Groneland, en navigation ou au mouillage, on ne se marche pas dessus ! Là où j’emmène les gens skier, c’est presque toujours de la neige vierge, jamais faite. Ça fait rêver les clients. Après, je sais qu’il y a d’autres endroits sur la planète où jouer à ça.

v&v.com : Justement, plus tard, tu aurais envie d’aller vers le Sud, la Terre de Feu, l’Antarctique ?
T.D. :
Plus tard peut-être. Il faut être réaliste en terme économique : le Sud, ça coûte cher. Tu n’y vas pas pour une semaine ou deux, les billets d’avion sont plus chers, la logistique plus compliquée…

Quand La Louise brise la glaceSkier au Groenland, goûter à de la neige vierge… C'est l'un des programmes proposés par La Louise et son skipper.Photo @ Thierry Martinez (Sea & Co)v&v.com : Et le passage du Nord-Ouest ?
T.D. :
Si j’arrive à créer un réseau de clients, on peut toujours étudier d’autre zones, d’autres demandes. Mais il ne faut pas s’éparpiller pour l’instant. Il faut penser à la réalité et à la qualité de ce que je veux offrir. Lors de la “reco” de l’an dernier, heureusement que je n’avais pas vendu en séjours certaines portions : une partie du Sud-Ouest du Groenland est resté bloqué par de la glace dérivante pendant des semaines. On voyait bien le village, mais impossible d’y aller et a fortiori d’y débarquer !

v&v.com : Et le Labrador, Terre-Neuve, la Terre de Baffin ?
T.D. :
Oui, on avait pensé mettre le Labrador dans notre programme : on a fait une “reco” l’été dernier, on est passé et descendu à Terre-Neuve, mais… trop de route dans des conditions météo pas facile, plus de 1000 milles où on a pris des bastons. Commercialement, c’est ingérable. Mais tu citais la Terre de Baffin – là oui, c’est un magnifique séjour. On prend les passagers au Groenland, en baie de Disko. On fait 300 milles vers la Terre de Baffin – il faut attendre août, parce qu’avant, il y a trop de banquise. Tu longes la banquise, tu vois des phoques et des ours, et tu arrives sur les montagnes de Baffin, ces grands fjords où il y a ces énormes glaciers – un fabuleux terrain de jeu pour les montagnards ou les amoureux de la nature sauvage. 

v&v.com : Ça t’occupe combien de mois par an, le charter là-haut ?
T.D. :
Six mois d’activité, sept en comptant les convoyages. Et il me reste cinq mois en France pour tout ce qui est commercial, maintenance…

v&v.com : Aujourd’hui, combien de temps par an vis-tu sur ton bateau ?
T.D. :
J’essaie de ne pas y vivre 365 jours par an. Mais je suis bien à 350.


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Groenland : de la glace, une civilisationLe Groenland est peuplé par 57 000 habitants, dont 15 000 pour la capitale, Nuuk. Il a été découvert par les Vikings en 982, mais a été habité auparavant pendant 3 000 ans par des peuples de l'Arctique.Photo @ D.R. MapPoint> A venir : l’interview de Thierry Dubois sur la conception et la construction de La Louise.
> Le site de Thierry Dubois est ici


 THIERRY DUBOIS en 10 dates-clés 

24 février 1967 : naissance à Saint-Germain-en-Laye (Région parisienne).
Années 80-90 : ouvrier en construction navale, puis préparateur et équipier sur le trimaran Haute-Normandie de Paul Vatine.
1992 : skipper du Mini Amnesty International, plan Rolland.
Novembre 1993 : vainqueur de la Mini-Transat avec Amnesty International.
Novembre 1994 : Route du Rhum en 60 pieds Open avec Pour Amnesty International, plan Joubert-Nivelt.
Juin 1995 : 1er des 60 pieds Open et 2e des monocoques lors du Tour de l’Europe (Open UAP) en équipage avec Pour Amnesty International.
Novembre 1996 : départ du Vendée Globe avec Pour Amnesty International. Abandon après son chavirage et son naufrage dans l’océan Indien.
Juin 2000 : 4e de la Transat anglaise (Europe 1-Newman Star) sur Solidaires, son nouveau 60 pieds Open, plan Bernard Nivelt.
2000-2001 : Vendée Globe avec Solidaires. Escale technique en Nouvelle-Zélande (problèmes électriques). Thierry termine son tour du monde hors course en 105 jours. Objectif atteint pour le projet «Droits de l’Homme autour du Monde» : le message de Solidaires a fait le tour du monde.
2003-2003 : 2e d’Around Alone derrière Bernard Stamm (Bobst Group-Armor Lux).

La Louise dans son élémentLa Louise au mouillage au Groenland. Pour Thierry Dubois, sa goélette est une sorte de refuge flottant, capable d’emmener les amoureux des paysages vierges du Nord aux pieds de leurs rêves.Photo @ La Louise
 LA LOUISE en 7 temps forts 

2001 : premières discussions avec Nigel Irens.
Automne 2003-printemps 2004 : conception finale et dessin du bateau avec Nigel Irens.
Août 2004 : début du chantier.
Avril 2010 : mise à l’eau à Locoal Mendon (56).
Août 2010 : première navigation.
2011 : première saison de reconnaissance (Islande-Groenland).
2012 : première saison de charter dans le Grand Nord.

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Vos commentaires

    • J'avais entendu parler de Thierry Dubois pour la première fois lors du trophée des lycées, dont il devait être sponsor à une certaine époque. Un peu plus tard j'avais reconnu son bateau Solidaires dans mon port (Trébeurden). Aujourd'hui, ce qui me fait le plus plaisir, c'est de voir cette Louise: on reconnaît rapidement la fusion-schooner de Nigel Irens, sans doute un bon choix pour son programme dans le cercle polaire arctique. Quelles formes! Tous mes compliments.

      Ajouté par nuttyrave le 20/02/2012 - 03:45
    • J'ai eu la chance de rencontrer Thierry Dubois pendant le Vendée Globe. Je l'ai beaucoup apprécié. Ce serait intéressant de partager son aventure et son reve, de communiquer, dialoguer avec lui sur Facebook. Merci de lui adresser ce message. A bientot E B

      Ajouté par Anonyme le 20/02/2012 - 15:39

      Bonjour. Je lui transmettrai votre message - ou peut-être le verra-t-il lui même avant de rallier le Grand Nord. En tout cas, à défaut d'une page perso sur facebook (les liaisons Internet ne sont pas évidentes par 70° Nord), il existe un site dédié à La Louise (mentionné dans l'article) ainsi qu'une page facebook sur le bateau et son activité (www.facebook.com/pages/La-Louise/167247939994430). Amicalement, Hervé Hillard, V&V

      Ajouté par Hh le 20/02/2012 - 16:03