Vous rêvez de vous offrir une petite folie, d'embarquer sur un monocoque de croisière de 54 pieds totalement innovant, et qui marche comme une bombe ! Ça tombe bien, le JP 54, conçu sur une idée de Jean-Pierre Dick, est désormais à louer... avec skipper ! Invités à essayer cette
Note :
Ça a le goût et le look d'un engin de course, mais c'est pourtant un bateau de croisière... très rapide !
Photo © Didier Ravon
Il accélère graduellement pour se caler à près de 8 noeuds au près. La jolie brise thermique de Nord-Ouest ne dépasse pas encore 10 noeuds, mais grimpe doucement. Philippe, le skipper du JP 54, appuie sur le bouton <keel>, afin de basculer de quelques degrés la quille au vent... puis s'engouffre sous le pont, s'installe à la table à cartes, et se met à tourner comme au manège ! Il est simplement en train de faire pivoter le carrousel de 600 kilos - impressionnant meuble composé de la cuisine et du coin navigateur - pour l'orienter au vent. Immédiatement, la gîte diminue, et le JP 54 salue la risée comme si de rien n'était.
Incroyable bateau que ce plan Guillaume Verdier construit fin 2009 à Tauranga (N-Z), et conçu pour la croisière (rapide) par le navigateur Jean-Pierre Dick... qui déprimait lors d'une navigation vers la Corse à lambiner sur un bateau de série !
A choquer un peu de bastaque pour relancer. Le gémissement et la résonance symptomatiques des coques de course fait sursauter les non habitués. Il faut dire que, pour raidir l'étai de ce gigantesque mât à trois étages de barres de flèche poussantes, on ne lésine pas sur les tensions. Nous sommes pourtant en balade dans les coureaux de Groix, mais avec un VMG qui fait rêver.
D'ailleurs Virbac-Paprec 3, le 60 pieds IMOCA récent vainqueur de la Barcelona World Race, qui navigue aujourd'hui en notre compagnie avec des invités, a bien du mal à nous lâcher. <JP>, Luc Talbourdet et son écurie Absolute Dreamer voulaient un voilier à la fois puissant, confortable et facile à mener - c'est fait ! Avec sa grand-voile à corne, ses deux emmagasineurs de voile d'avant, son mât et sa bôme carbone profilée, et une carène de course à bouchains évolutifs, l'engin n'a pas grand-chose à envier aux derniers 60 pieds.
Siège à l'arrière du cockpit, cale-pieds, mains-courantes et espace... le cockpit du JP 54 est d'une fonctionnalité exemplaire, malgré son allure très régate.
Photo © Didier Ravon
The Kid - son nom de baptême - semble de fait facile à mener... à condition d'anticiper. Philippe, son skipper professionnel, fort de quelques dizaines de milliers de milles en convoyage vers les Antilles et le Brésil, est d'un calme olympien, mais reconnaît que la bête n'est pas à mettre entre toutes les mains. <Le bateau est génial, super confort et ergonomique, mais surpuissant. Rien que le piano et sa batterie de taquets nécessitent un bon apprentissage...>
Le bateau est équipé de trois gros winches électriques, et l'embraque ou les envois <pousse-boutons> tendent à faire oublier que les efforts sont énormes. Par ailleurs, la ressemblance avec le plan de pont d'un bateau de course est frappante, si ce n'est que les deux barres à roue carbone sont, comme sur les VOR 70, cernées d'une solide main courante à l'avant, et que la capote est rassurante et d'un confort à toute épreuve, tout comme la table de cockpit et son banc intégré.
Face à la table de la
Sous l'oeil de Philippe, le skipper à plein-temps du JP 54, un dauphin vient jouer avec nous. Il faut dire qu'on marche à la vitesse du vent, soit près de 12 noeuds !
Photo © Didier Ravon
La barre est ferme et précise et, grâce aux deux safrans, les débutants peuvent <piloter> en toute sécurité et en double commande... du moins jusqu'à 10-12 noeuds de vent. Le mouillage estival près de la fameuse plage convexe des Grands Sables a été magique. Et pour fêter ça, nous avons droit à une escorte de dauphins manifestement ravis d'avoir trouvé un voilier à leur hauteur !
Nous filons sur Pen-Men dans un vent qui atteint maintenant 15 noeuds. Avec ses 216 mètres carrés au près, pour une incroyable largeur de 5,30 mètres, on l'a dit, le JP 54 est puissant. Rien ne sert, en revanche, de trop anguler la quille au vent, au risque de déraper. Dans ce vent, on préférera prendre le premier ris - ou garder un équipier la main à l'écoute de GV.
Sous le pont, deux convives discutent tranquillement, affalés au milieu d'un véritable sofa et ses dizaines de coussins imbriqués. On ressent juste un léger bruit de fond : à partir de 14 noeuds de vitesse, la quille se met à chanter, mais nous sommes loin des sifflements stridents des appendices des 60 pieds.
Entre Beg Melen et la pointe de Pen-Men au Nord-Ouest de l'île de Groix, la côte défile à près de 15 noeuds !
Photo © Didier Ravon
Je prends la barre, juste après avoir paré la pointe d'Enfer. Les risées prennent de la densité, et, sous plus de 400 mètres carrés et à 135 degrés du vent, The Kid part au surf, mais passe subitement sur ses barres, et sans prévenir !
Philippe appuie sur le bouton <quick release> qui immédiatement ouvre la grand-voile en larguant du hale-bas. Il n'y a pas de barre d'écoute pour faciliter la circulation dans le cockpit... Quant aux safrans, ils mériteraient probablement d'être un poil rallongés, afin d'éviter ces écarts de route à 15 noeuds de moyenne. Pour le reste, ce n'est que du bonheur, le tout avec cette impression de sécurité.
Nous aurions volontiers prolongé le plaisir, comme passer la nuit au mouillage, testé les deux lits bretons symétriques à l'avant séparés par une superbe salle d'eau, ou les deux belles cabines à l'arrière... voire mettre le cap sur les Antilles ou la Méditerranée ! Mais aucun doute, effectuer une croisière sur ce bateau tient du rêve. Ça tombe bien, le JP 54 est désormais à louer, à la journée, pour un week-end, à la semaine... Et il reste des places pour le convoyage avec ou sans escales entre Lorient et Cannes, fin août. Avis aux amateurs !
Une bôme type
Le JP54 en quelques chiffres
Longueur : 16,45 m
Largeur : 5,30 m
Tirant d'eau : 2,50/3,50 m
Voilure au près : 216 m2
Voilure au portant : 434 m2
Déplacement : 9 tonnes dont 2,8 de lest
Quatre cabines double.
Architecte : Guillaume Verdier
Design intérieur : Stéphanie Marin
Concept : Jean-Pierre Dick
Constructeur : Absolute Dreamer
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Pour en savoir plus
Voiles et Voiliers n° 472 (juin 2010) : un article de 8 pages est consacré au JP54.
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Louer le JP 54 : pourquoi pas vous ?
Location à la journée à partir de 450 euros TTC/personnes (8 personnes).
Contact : JPDICK Yachts, Laetitia Brière, tél. 02 97 87 86 05, e-mail : JP54@jpdick.com
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Vos commentaires
Autant j'aime ce type de bateau et j'admire tout ce qui entoure ce projet, et le résultat qui semble à la hauteur (c'est rare finalement), autant je déplore cette tournure journalistique publicitaire et commerciale. Insister ainsi sur le fait que le bateau est à louer, en en faisant des louanges que même Picasso ne recevrait pas sans rougir ma parait vraiment déplacé dans un magazine sérieux... On croirait que c'est la mère de Jean Pierre qui a écrit l'article. A sa place, je serais un peu gêné. "Maman arrête..."
Pas faux. Cela dit... Un, le bateau a l'air assez enthousiasmant, non ? Et il a d'ailleurs été présenté par Voiles sur ce site (et même dans son magazine si je me soiuviens bien). Deux, j'ai quand même lu que le bateau passait sur sa barre par 14-16 noeuds de vent. Enthousiaste, mais honnête, non ? Yen'
wahou!!! ca donne envie, surtout avec un skiper comme ca ! -