Actualité à la Hune

3e étape Urgo Le Figaro

Un jeune homme pressé face aux caciques

Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance) est le leader actuel après deux étapes de la 49e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro. Impressionnant depuis le début du championnat de France Élite de Course au Large qu’il domine largement, le Vendéen étonne par son assurance sur l’eau. Deux anciens du circuit, Thierry Chabagny (Gedimat) et Frédéric Duthil (Technique Voile), cumulant à eux deux vingt-huit participations à cette solitaire, sont dithyrambiques vis-à-vis du jeune homme de 28 ans.
  • Publié le : 09/09/2018 - 11:33

Un jeune homme pressé face aux caciquesSébastien Simon, jeune homme pressé de la course au large a pris le pouvoir de la Solitaire Urgo Le Figaro.Photo @ Alexis Courcoux

Les jeux ne sont pas faits, loin s’en faut. En quittant la Ria de Muros-Noia (Espagne) samedi 8 septembre à destination de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), Sébastien Simon ne possèdait que 26 minutes et 36 secondes d’avance sur Xavier Macaire (Groupe SNEF) et 30 minutes et 51 secondes sur Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire). Derrière ces hommes du podium, ils sont encore cinq avec moins d’une heure de débours sur le jeune homme pressé.

Dans ce parcours en direction de la Vendée annoncé comme devant se dérouler dans de petites conditions et au près, tout est encore possible pour décrocher la timbale. Mais le Sablais, vainqueur en Espagne de la seconde étape et sûr de lui, fera en sorte, n’en doutons pas, de marquer encore plus son territoire.

Frédéric Duthil, en tous cas, en est persuadé : «Vu de l’extérieur, il a la détermination d’un winner. Quelque chose s’est construit en lui depuis qu’il est sur le circuit. On sait que cette année, cela va être dur d’aller le chercher, le garçon !»

Clair dans sa tête

«Il a cette assurance de tout un travail de fond réalisé de façon sérieuse, dans tous les domaines de compétences, pour aller chercher d’autres victoires d’étape. On voit en plus qu’il en a l’envie, qu’il ne vient pas là pour enfiler les perles. Il a du caractère mais il est aussi capable de s’offrir un peu de relâchement aux bons moments. C’est important d’être détendu quelles que soient les conditions, sans se mettre trop de pression inutile.»

Un jeune homme pressé face aux caciquesFrédéric Duthil est lui aussi presque admirateur des talents du jeune Simon.Photo @ Alexis Courcoux

«En plus, il est clair dans sa tête quand il est à terre, dit encore Frédéric Duthil. C’est souvent le cas avec les marins de cette nouvelle génération. Ils sont super bien formés, ils ont à la fois du feeling et du talent. Ils sont très structurés dans leur travail, donc efficaces. Cela fait de très bons produits pour la course au large. »

Le plus ancien routier dans cette Solitaire, Thierry Chabagny, actuel 4e au classement général avec trente-quatre minutes de retard, en est à sa 17e quête du Graal, confirme : «Psychologiquement, ces jeunes sont de plus en plus forts mais ils ne naviguent pas pour autant comme des machines. A ses débuts, j’ai vu Sébastien pleurer à certaines arrivées d’étape».

« J’avais passé une journée avec lui en mer avant qu’il ne remporte le Challenge Bretagne CMB Espoir il y a cinq ans et cela se voyait bien qu’il avait soif d’apprendre avec quelqu'un d’expérience. A force de faire de bons résultats sur les courses d’avant-saison, de faire des podiums, il s’est endurci».

«Dès sa deuxième participation à la Solitaire, il avait remporté sa première étape. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Il est le même niveau que les Le Cléac’h et compagnie. Cette saison, il a terminé 2e de la Transat AG2R La Mondiale et s’est déclaré simplement content de ce résultat. C’est vraiment agréable de le voir progresser. Il a la marque des grands, en plus : Il n’est jamais agressif envers les autres, uniquement envers lui-même. »

Tourner la page

Souriant ce samedi matin sur les pontons de la marina de Portosin, Sébastien Simon, ignorant les propos élogieux des deux caciques, prenait le temps de goûter à son bonheur d’être l’actuel chef de meute, lui qui sait déjà que son avenir de compétiteur se déroulera la saison prochaine sur un 60 pieds IMOCA tout neuf, avec pour apothéose une participation au prochain Vendée Globe ?

«Cette arrivée à Saint-Gilles me rappelle mes débuts, précise le jeune homme pressé. C’est là-bas que j’ai commencé en Figaro Bénéteau 2. C’est donc une belle façon de tourner la page. J’espère finir sur cette trajectoire et faire en sorte d’y prendre un maximum de plaisir. Si cela continue de bien se passer, j’aurai enfoncé le clou. Sinon, j’aurais joué. Cela reste du sport ! »

Un jeune homme pressé face aux caciquesThierry Chabagny dresse volontiers des couronnes au jeune leader actuel de la Solitaire.Photo @ Alexis Courcoux

« C’est le genre d’étape que j’aime bien, ajoute le leader. Avec de la houle et du près dans pas beaucoup de vent. En général, j’ai un avantage sur mes adversaires dans ces conditions-là.»

Sébastien Simon quittait donc l’Espagne la fleur au fusil, samedi, et le cœur en bataille : « Je n’ai aucune raison de stresser. Mes concurrents ont une revanche à prendre, je m’y attends. Moi-même, à l’issue de la première étape, j’avais un sentiment identique. Aujourd’hui, je pars avec la même confiance, sachant qu’ils sont forts eux-aussi et qu’ils peuvent remonter au classement. Je ne vais pas les lâcher pour autant. »

Les premières arrivées en Vendée sont espérées mardi 11 septembre mais la Solitaire ne sera pas terminée. Les 36 participants s’élanceront en effet dès le jeudi suivant pour leur quatrième et ultime étape : un sprint aller-retour depuis Saint-Gilles-Croix-de-Vie de 165 milles.

S. M. 

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