Actualité à la Hune

Sailing Arabia – The Tour

Le SATT c’est quoi ?

La huitième édition de Sailing Arabia – The Tour s’élance dimanche pour deux semaines de régates. Cette année, l’organisateur, Oman Sail, a procédé à un lifting de l’épreuve, avec un nouveau support, le Diam 24, et un nouveau parcours le long des côtes d’Oman, géopolitique locale oblige. Explications avec Nicolas Honor, qui s’occupe de la gestion des équipes engagées.
  • Publié le : 03/02/2018 - 15:10

Sailing Arabia The Tour 2018L'équipage de Beijaflore fait parti des favoris de cette édition 2018.Photo @ Sailing Arabia The Tour 2018

La genèse. Lancé en 2011, Sailing Arabia The Tour (SATT pour les initiés) fait partie d’un projet global initié par le sultanat d’Oman, via la structure Oman Sail (elle-même créée en 2009), de développer la voile dans ce pays de 4 millions d’habitants et de promouvoir le tourisme auprès d’une clientèle occidentale. «Au départ, Oman Sail a démarré avec deux grands trimarans, le 75 pieds d’Ellen MacArthur (ex-Castorama-B&Q) et le 100 pieds construit ici (sistership de Sodeb'O de 2007) pour faire naviguer des marins omanais, explique Nicolas Honor. Très rapidement, on s’est aperçu qu’en termes de plate-forme de développement, c’était un peu extrême. Il a alors fallu trouver des alternatives, nous nous sommes tournés vers le Tour de France qui "matchait" bien avec nos objectifs, dans le sens où c’était une épreuve avec une dominante de courtes étapes de large et sur un petit quillard, le Farr 30 qui nous permettait d’emmener pas pal d’équipiers.» Après une première participation au Tour de France en 2010 avec Rob Greenhalgh (aujourd’hui sur la Volvo Ocean Race à bord de Mapfre), Oman Sail rachète une flotte de neuf Farr 30 pour lancer un an plus tard la première édition du SATT sur un parcours visitant les pays du Golfe (Oman, Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Bahrein, Dubaï, Qatar…) avec à chaque fois une dizaine de participants. Cette première est remportée par un équipage mené par Bertrand Pacé (qui remettra ça en 2013). Figurent également au palmarès : Daniel Souben (2012), Sidney Gavignet (trois fois de 2014 à 2016) et Thierry Douillard (2017).

Sailing Arabia The Tour 2017Jusqu'à l'année dernière, cette épreuve se disputait en Farr 30.Photo @ Mark Lloyd / Oman Sail

La nouvelle formule. À l’issue de la septième édition, l’année dernière, les organisateurs du SATT ont pointé la nécessité de faire évoluer l’épreuve : «Nous étions un peu tout seuls avec nos Farr 30, les bateaux commençaient à être fatigués et cela devenait de plus en plus difficile de trouver des pièces détachées. Nous nous sommes logiquement tournés vers le Diam 24, qui correspondait à notre programme Tour de France (Oman Sail, avec Thierry Douillard aux commandes, a terminé 5e en 2016 et 2017, ndlr), avec l’objectif de faire la bascule en 2019» confirme Nicolas Honor. La situation géopolitique dans le Golfe a finalement accéléré les choses : « La fermeture de la frontière entre l’Arabie saoudite et le Qatar rendait les choses compliquées d’un point de vue logistique. En restant sur notre parcours autour de la péninsule arabique, on prenait le risque de rester bloqué une journée à la frontière. Comme le planning est serré, nous n’avons pas voulu prendre ce risque et nous avons choisi un parcours exclusivement le long des côtes omanaises. Et du coup, nous avons décidé de passer dès cette année au Diam 24.» Avec un format mêlant «stadium races», parcours côtiers et raids entre 35 et 40 milles.

Sailing Arabia The Tour 2018Décor très différent pour les équipages de Diam 24 avec les côtes du sultanat d'Oman pour toile de fond.Photo @ Sailing Arabia The Tour 2018

La participation. Avec huit équipages, la participation à ce SATT new look, si elle reste dans la moyenne des précédentes éditions, est plutôt modeste, en raison de ce changement de formule décidé tardivement, en septembre 2017 : quatre courent sous les couleurs d’un sponsor omanais (menés par Thierry Douillard, Stevie Morrison, Cédric Pouligny et le dernier est 100 % féminin, avec Elodie-Jane Mettraux comme skipper), quatre équipages viennent de France, Beijaflore (Valentin Bellet), Cheminées Poujoulat (Bernard Stamm), Vivacar.fr (Mathieu Souben) et Team Lorina-Golfe du Morbihan (Robert Solune). «Comme on s’y est pris un peu tard, il était difficile d’en avoir plus, mais les contacts ont été pris pour l’année prochaine, nous miserons sur une quinzaine de bateaux en 2019», explique Nicolas Honor, qui considère cette huitième édition comme «une année zéro» du SATT version Diam 24. Du côté des équipes arrivées cette semaine à Salalah, au sud d’Oman, d’où sera donné demain le départ de l’épreuve qui s’achève le 17 février, on n’est pas mécontent de trouver sur place des conditions météo idéales  vent et soleil  pour lancer la saison. «L’an dernier, nous cassions de la glace à La Rochelle pour pouvoir naviguer, là, on se met d’entrée dans un cadre compétitif dans des conditions proches de celles que nous rencontrerons sur le Tour Voile» explique Pierre Mas, manager du projet Beijaflore qui n’a pas hésité au moment de débourser les 22 000 euros d’inscription tout compris (hors billets aller-retour d’Oman) : «Par rapport à ce que nous aurions dépensé en France, la différence n’est pas si importante, alors que les gains en termes de préparation sont importants.» Reste à savoir si cela paiera pour le reste de la saison…

Sailing Arabia The Tour 2018 parcoursCette année, le parcours se cantonne aux côtes du sultanat d"Oman.Photo @ DR