Actualité à la Hune

Golden Globe Race

Les concurrents à l’eau de source bretonne en cas de naufrage

Seize des 19 participants à la prochaine Golden Globe Race (GGR) ont choisi de s’équiper de radeaux de survie Plastimo fabriqués à Lorient. Conséquence : en cas de naufrage, s’ils doivent trouver refuge dans leur bib en attendant les secours, ils boiront de l’eau de source puisée en Bretagne Sud.
  • Publié le : 13/06/2018 - 00:01

Jean-Luc Van den HeedeJean-Luc Van den Heede surveille les derniers conditionnements de son bib.Photo @ Plastimo
Captée au robinet par le fabricant lorientais d’engins de survie en mer, elle aura subi entre-temps mille tests et traitements qui l’auront rendue plus pure et plus sûre que n’importe quelle eau bue par des spationautes.

«Pour ces seize concurrents qui ont choisi de nous faire confiance et vu la spécificité de cette course autour du monde, nous avons prévu un conditionnement et des équipements spéciaux pour leur radeau, certes, mais l’eau à bord sera la même que sur tous nos modèles» admet Cathy Millien, directrice de la communication de Plastimo.

«Comme d’autres participants, Jean-Luc Van den Heede est d’ailleurs venu l’autre jour dans nos laboratoires lorientais pour assister au conditionnement final de son radeau sur lequel son numéro de participant, le n° 8, a été inscrit en géant avec de l’adhésif réfléchissant sur le dôme, ajoute-t-elle. Chaque concurrent aura son numéro ainsi marqué pour faciliter des repérages aériens en cas de drame.»

VDH est d’ailleurs en partie à l’origine du choix du fabricant breton effectué par la grande majorité de ces coureurs qui quitteront les Sables-d’Olonne le 1er juillet. «Depuis toujours, Jean-Luc nous fait confiance, explique Cathy Millien. Pour cette course, il nous avait mis en contact avec l’organisateur de ce challenge, Don McIntyre. Ce dernier, réputé pour son exigence dans le domaine du sauvetage en mer – sans doute en raison des nombreux sauvetages qu’il a lui-même réussis en tant que coureur –, nous avait proposé un cahier des charges pour un radeau spécial Golden Globe. Notre réponse a été la bonne puisqu’il a retenu notre proposition, le bureau Veritas l’a validée et les concurrents l’ont choisie.»

Jean-Luc Van den HeedeJean-Luc Van den Heede a même testé l"intérieur de son bib.Photo @ Plastimo

Des batteries «chargées à mort»

Au chapitre des «suppléments» installés dans ces radeaux «spécial GGR», une balise individuelle PLB 406 MHz et une VHF portable ainsi qu’une sangle spéciale, sous le dôme, pour pouvoir accrocher une balise AIS propre au bib. Prudents, les ingénieurs de Plastimo ont tablé sur huit mois en mer. Ils envisagent une éventuelle utilisation au bout de sept mois et demi de la VHF, par exemple. En conséquence, ils ont chargé «à mort» les batteries de cet appareil. Précision : «En cas de drame juste avant l’arrivée, cette VHF ne sera pas forcément chargée à bloc. Mais elle marchera encore !»

En raison du surpoids lié à ces «extras», (47,5 au lieu de 44 kilos), ces radeaux, sur la base d’un modèle quatre personnes, ont finalement été conditionnés dans des containers pour engins à six personnes. A l’intérieur, les concurrents malheureux retrouveront le pack de survie habituel de chez Plastimo : des fusées, du matériel de premiers soins, un couteau à bout rond et un miroir, entre autres. Mais aussi une quarantaine de biscuits de survie de 50 grammes chacun, à base de céréales garanties sans OGM, et de l’eau – la fameuse «eau de Lorient».

«Nos laboratoires la puisent au robinet d’une manière tout à fait normale, explique Cathy Millien. Mais ces réserves d’eau, conditionnées dans 48 sachets de 125 millilitres, subissent ensuite une série de tests draconiens. Les sachets eux-mêmes sont aluminisés pour qu’avec le temps le moindre composé chimique ne puisse migrer vers l’eau.»

«Les études en laboratoire nous garantissent une non-pollution absolue de cette eau pendant trois ans minimum, conclut la responsable. Et son conditionnement répond aux normes ISO 18.813. Il n’y a pas plus strict, actuellement !»  En souhaitant seulement que VDH ou l’un de ses quinze compagnons de tour du monde équipé chez Plastimo n’aient pas à goûter cette fameuse eau à la mode bretonne.