Actualité à la Hune

Régates Royales – Trophée Panerai

Les belles américaines de Bruno Troublé

En bavardant sur le motor-boat de Panerai pendant les Régates Royales de Cannes, je me suis rendu compte de l’invasion des séries américaines sur la Méditerranée. Un des hommes à la base de cette prolifération de superbes voiliers classiques venus d’outre-Atlantique est Bruno Troublé.
  • Publié le : 03/10/2017 - 16:30

Régates Royales Cannes 2017Du 23 au 30 septembre 2017 se déroulait la 39e édition des Régates Royales – Trophée Panerai en baie de Cannes.Photo @ Guido Cantini/Panerai
Plus connu comme skipper de la Coupe de l’America et longtemps organisateur de la Louis Vuitton Cup, Bruno Troublé s’est entiché des petites séries de la Jauge Universelle, dont on trouve encore quelques spécimens. Cette jauge, créée en 1903 par le fameux architecte Nathanael Herreshoff, se décline suivant un alphabet – dont on connaît bien les Class J, pour les avoir vus courir la Coupe dans les années 1930 –, suivi récemment de quelques répliques célèbres comme Rainbow ou Ranger. Le premier déniché sur la côte Est, un Class Q, Jour de Fête (1930), s’est avéré redoutable sur le circuit des voiliers classiques en 2012, lorsqu’il débarqua en Méditerranée. Il est du au crayon de l’architecte Franck Paine, l’auteur du Class J Yankee.

France12 mJI
Architecte : André Mauric
Mise à l’eau : mai 1970
Longueur : 19,13 m
Longueur de flottaison : 14,40 m
Bau : 3,76 m
Tirant d’eau : 2,57 m
Déplacement : 27,45 t
Surface de voiles : 300 m²


Séduit par ces résultats, Bruno est revenu à ses premiers amours, les 12 mJI. France, le bateau challenger français des années 1970 conçu par André Mauric, est justement dans un triste état. Il remue ciel et terre et trouve le moyen de faire restaurer le voilier qui courait encore cette année les Régates Royales – Trophée Panerai de Cannes, en compagnie de son lièvre de l’époque, Chancegger, dessiné par l’américain Britton Chance.

Entre-temps, son ami de longue date, Yves Carcelle, qui dirige alors la société Louis Vuitton, s’est entiché d’un petit yawl danois dessiné par son propriétaire, Runa IV, au point de le faire restaurer au chantier du Guip. Il me confie la tâche de reconstituer les plans d’origine.

OlympianClass P
Architecte : William Gardner
Mise à l’eau : 1913
Longueur : 15,45 m
Longueur de flottaison : 11,80 m
Bau : 3,20 m
Tirant d’eau : 2,30 m
Déplacement : 16 t
Surface de voiles au portant : 170 m²


 

 

 

 

 

 

 

Le bateau est tellement mignon qu’Yves Carcelle craque et fait de même avec le Runa VI, du même architecte. Mais Bruno Troublé qui pourtant adore courir avec les fous de Twelves de Newport, berceau de ces élégants coursiers entre 1958 et 1982, rend à la vie, via un propriétaire français, au Class P Olympian, un plan de 1913 de William Gardner, à qui l’on doit le gigantesque Atlantic, détenteur du record de l’Atlantique entre 1905 et 1980.

 

 

 

 

 

ChipsClass P
Architecte : Starling Burgess
Mise à l’eau : 1913
Longueur hors tout : 16,95 m
Longueur : 15,45 m
Longueur de flottaison : 10,36 m
Bau : 3,20 m
Tirant d’eau : 2,30 m
Déplacement : 16 t
Surface de voiles au près : 116 m²
Surface de voiles au portant : 152 m²




En 2014, Olympian s’adjuge la victoire dans la Vele d’Epoca d’Imperia puis les Voiles de Saint-Tropez avec, bien sûr, Bruno à la barre. Plus récemment, le skipper-dénicheur retrouve un Class P de Starling Burgess, auteur de trois Class J vainqueurs de la Coupe de l’America. Il s’agit de Chips (1913), que l’on put voir pour la première fois à Cannes la semaine dernière. Il est plus large qu’Olympian, son mât est plus petit, alors qu’ils ont le même rating. Il faudra un peu plus de brise pour bénéficier d’une plus grande raideur et compenser un peu de surface mouillée, mais le beau temps régna sur les Régates Royales cette année alors Chips terminait sans avoir pu vraiment démontrer ses belles qualités à la 9e place de sa catégorie Aurique.

 

 

 

 

 

ChipsMis à l'eau en 1913, le Class P Chips a terminé à la 9e place de sa catégorie lors de cette 39e édition des Régates Royales de Cannes.Photo @ Guido Cantini/Panerai