Actualité à la Hune

Bilan annuel de la FIN

Sortie de crise pour l’industrie nautique française ?

Au cours de la récente conférence de presse annuelle de la Fédération des Industries Nautiques (FIN), on a appris avec satisfaction que la filière nautique française avait enfin renoué l’an dernier avec les années d’avant crise en réalisant un chiffre d’affaires tout en confortant un niveau d’emplois semblables aux années 2007-2008. Mais si les exportations sont en pleine forme, le marché français reste, lui, encore bien fragile.
  • Publié le : 08/09/2018 - 00:03

Sortie de crise pour l’industrie nautique française ?Les grandes unités de plus de 15 mètres produites en France – ici le Code 2 du chantier Black Pepper – sont celles qui s’exportent le mieux. Photo @ Didier Ravon

C’est une vieille tradition : la FIN, forte de plus de 5 000 entreprises et adhérents représentant plus de 80 % du chiffre d’affaires de la profession, a effectué sa rentrée le premier mercredi de septembre sur les quais de Seine, dans le Paris chic, face à l’île aux Cygnes. Son président, Yves Lyon-Caen, égrène et commente alors, derrière son pupitre, les chiffres de la saison ainsi que les tendances à venir.

Venons-en donc à 2016-2017. Avec un chiffre d’affaires global de 4,8 milliards d’euros, notre industrie nautique renoue avec ses résultats de 2008 (4,9 milliards d’euros). En 2009, à cause de cette crise économique baptisée «Grande récession» par les Anglo-Saxons, ce chiffre était tombé à 4,2 milliards. L’autre point positif est la reprise de l’emploi puisque ce secteur rémunère désormais 41 456 salariés, soit un même niveau qu’il y a dix ans.

L’export, ça va fort !

Mais la vraie bonne nouvelle est assurément du côté des exportations: «En dix ans, la production française exportée est passée de 62% à 75,1 % du total de la production réalisée» se réjouit le président de la FIN avant d’ajouter que «cette augmentation nous a permis de retrouver notre niveau d’emplois d’il y a dix ans, sachant que notre industrie performe tout particulièrement dans la voile».

Sortie de crise pour l’industrie nautique française ?Malgré la production de nouveaux modèles comme ces deux nouveaux First, ex Sea Scape, la vente de voiliers neufs cette année est en baisse de 5 %. Inquiétant ! Photo @ Loïc Madeline

Si le marché européen résiste bien et si le nord-américain poursuit sa croissance pour le plus grand bonheur des chantiers français, on ne peut malheureusement pas en dire autant du marché français. De + 9 % l’an dernier (+ 11 % pour le moteur et + 5 % pour la voile), la croissance de vente des bateaux neufs (voile et moteur confondus) est retombée à un petit 1 % (+ 3% pour le moteur mais – 5 % pour la voile !) 

«Cette reprise timide reste à confirmer et mérite encore beaucoup d’attention de la part des milieux économiques et politiques français pour que l’activité et la pratique se renforcent» rappelle sur un ton un peu jésuite un membre de la FIN. En clair, le message à l’attention de l’exécutif est à peine voilé !

Enfin, il est intéressant de noter que les monocoques habitables de plus de 12 mètres représentent plus de 43 % de la production française contre 33 % pour les moins de 12 mètres. S’agissant des multicoques de croisière, les plus de 12 mètres représentent 24,4 % des ventes et ceux de moins de 12 mètres 4,55 %.

La Trinité en 360252 000 places de port… mais beaucoup de «bateaux ventouses» âgés qui sortent peu ou pas du tout. 
Photo @ Bluephotographie Montage multimedia Studio Loecsen

L’industrie nautique tricolore en quelques chiffres :

5468 entreprises - 41 456 salariés - 4,8 milliards de chiffre d’affaires - 3 449 voiliers produits - 400 ports de plaisance pour 252 000 places et 40 ports à sec pour 11.000 places - 4 millions de plaisanciers réguliers - 12 585 nouvelles immatriculations, dont 76 % de bateaux à moteur (sources FIN).