Actus

Chantier Wrighton Bi-Loup

La fin d’une légende à deux quilles

Les trois associés qui avaient repris en 2015 l’activité en perdition du chantier Wrighton Bi-Loup de Béthune (Nord) ont annoncé mercredi 5 septembre l’arrêt de leur projet et la fin de leur rêve de faire revivre la construction de la légendaire gamme de ces bi-quilles robustes et fiables dont plus de 1 000 exemplaires, tous modèles confondus, avaient été construits en 45 années d’activité.
  • Publié le : 05/09/2018 - 17:04

La fin d’une légende à deux quilles3 exemplaires de ce Bi-Loup 109, ainsi que 2 modèles 78 et 2 modèles 90, auront été vendus par les trois repreneurs de Wrighton Bi-Loup.Photo @ Wrighton Bi-Lou^p
«Pendant trois ans, nous avons cru à ce projet et nous avons tout donné pour qu’il fonctionne et que les Bi-Loup puissent renaître de leurs cendres, nous a expliqué ce mercredi 5 septembre l’un des trois repreneurs de la marque, François Lebailly. Il faut croire que nous n’avons pas été assez forts, la passion ne suffit pas pour faire des affaires. Donc nous jetons l’éponge.»

«Au départ, nous avions repris le chantier en faillite afin de récupérer les moules et les plans, ajoute-t-il. Nous voulions notamment nous faire construire, avec mes deux associés, chacun un Bi-Loup 265, dont mon fils Vincent avait dessiné les plans. Et nous voulions relancer la construction des autres modèles de la gamme avec un chantier sérieux, Shoreteam Yard, à Caen. Mais il aurait fallu que nous ayons des talents commerciaux en plus de notre passion. Ça n’a pas été le cas mais notre histoire reste belle. Nous ne sommes pas dans le regret.»

Au total, ces trois associés auront finalement fait construire et vendu deux Bi-Loup 78, deux Bi-Loup 90 et trois Bi-Loup 109 avant de mettre la clé sous la porte. «Parce que nous étions tous les trois des vieux Bi-Loup, explique encore François Lebailly. Pas très modernes dans notre marketing et encore moins dans nos techniques commerciales. En arrêtant maintenant, nous limitons la casse. Notre SAS va donc être liquidée à l’amiable et s’il le faut nous nous partagerons à trois nos 15 000 euros de dettes personnelles. Nous n’avions pas de personnel engagé.»

François Lebailly et ses deux associés – «Restés plus que jamais des amis.» – ne désespèrent pas, néanmoins, de revendre le nom de cette légende navale et quelques moules de coque pour combler ce passif. «Mais ce n’est pas le plus important. Ce dont nous sommes certains, c’est que nous ne vendrons pas ce nom à des vautours. Si un acheteur sérieux se présente, et s’il s’engage à respecter l’esprit Bi-Loup jusque dans les moindres détails de construction, alors nous l’écouterons. Mais nous ne trahirons pas cet esprit pour tout l’or du monde.»